Le montant droit de l’âtre est taillé dans le granit et présente un ensemble religieux et symbolique sculpté, organisé verticalement. Dans la partie supérieure figure une croix latine en relief, aux bras courts et légèrement élargis, portant en son centre un Christ en croix. Plus bas sur le piédroit apparaît une étoile à six branches (hexagramme), également en relief, obtenue par l’entrecroisement de deux triangles. L’étoile, centrée sur la largeur du montant, est soigneusement exécutée. Sous cette étoile est sculpté un petit bénitier mural, constitué d’une cupule hémisphérique saillante, destinée à recevoir de l’eau bénite. Cet ensemble constitue un dispositif de protection domestique, destiné à préserver la maison et ses occupants. La croix joue un rôle de protection spirituelle et d’invocation divine, l’étoile à six branches, symbole ancien de protection, d’ordre et d’harmonie, est fréquemment associée, dans le contexte rural chrétien, à la lumière divine, à la création ou à une fonction protectrice générale, sans connotation moderne. Le bénitier domestique permettait quant à lui l’usage quotidien de l’eau bénite (signe de croix, bénédiction du foyer), pratique largement répandue dans l’habitat ancien. En l’absence d’inscription datée, l’ensemble peut être attribué, par comparaison typologique, à une période comprise entre le XVIᵉ et le XVIIᵉ siècle.
Source : Claude Royère