Au-dessus d'une ancienne niche aménagée dans la façade recrépie d'une maison de la rue du Puy, à Bourganeuf, apparaît une croix grecque sculptée en réserve dans l'enduit. Ses quatre branches, de longueur égale (et non une croix de Malte), sont parfaitement centrées au-dessus de la niche et semblent faire partie de la composition d'origine. Cette croix pourrait correspondre à une croix de consécration domestique ou à un simple symbole de protection placé sur la façade. Au-dessous, la niche, de forme cintrée, abrite aujourd'hui une petite statuette assise dont les dimensions sont nettement inférieures à celles de son emplacement. Cette disproportion laisse supposer que la niche accueillait autrefois une statue de plus grande taille, remplacée ultérieurement par la figurine actuelle. Un détail particulièrement remarquable réside dans la présence, au-dessus de la niche, de deux masques sculptés, aujourd'hui très érodés. À peine perceptibles, ces visages ont été taillés dans un bloc de granit manifestement réemployé. Les masques constituent un motif connu dans l'architecture médiévale. Ils pouvaient remplir une fonction à la fois décorative et symbolique, en servant de figures protectrices destinées à éloigner les influences néfastes ou les mauvais esprits. L'association, sur une même façade, d'une croix grecque, d'une niche de dévotion et de masques sculptés forme un ensemble particulièrement original et peu commun à Bourganeuf. Il est possible que certains de ces éléments proviennent d'un édifice plus ancien et aient été réemployés lors de la reconstruction ou du remaniement de la maison. La rue du Puy étant l'une des plus anciennes artères de Bourganeuf, cette hypothèse mérite d'être prise en considération. En l'absence d'archives ou d'une étude archéologique approfondie du bâtiment, il demeure toutefois impossible de dater avec certitude cet ensemble. Il constitue néanmoins un témoignage remarquable du petit patrimoine bâti de Bourganeuf. Il rappelle l'importance des niches de façade dans la dévotion populaire, tout en laissant entrevoir la possible conservation, en réemploi, de vestiges appartenant à une construction plus ancienne.
Source : Claude Royère