Il s’agit d’une ancienne borne de juridiction implantée le long de l’ancienne route médiévale reliant Limoges à La Souterraine. Ce type de voie, utilisé dès le Moyen Âge et probablement hérité d’itinéraires plus anciens, constituait un repère majeur pour l’organisation administrative et judiciaire. Cette borne marquait la limite de juridiction entre la vicomté de Bridiers et la prévôté de La Souterraine, deux entités seigneuriales distinctes disposant chacune de leurs propres droits de justice. De tels marqueurs territoriaux jouaient un rôle essentiel dans la délimitation des compétences judiciaires, fiscales et seigneuriales, notamment le long des axes de circulation, où des conflits de juridiction pouvaient survenir. Elles ont remplacé des croix, qu’un manuscrit relatif à la vicomté de Bridiers indique avoir été plantées par Durand d’Orliac, évêque de Limoges (1240-1246), et Brumer, chantre d’Angoulême. Toutefois, son implantation en bordure d’un ancien itinéraire médiéval et sa fonction supposée permettent de l’inscrire dans un contexte médiéval, voire moderne. L’absence d’inscription ou de décor identifiable rend toute datation précise difficile. Par sa morphologie et son implantation isolée, cette borne est fréquemment confondue avec un menhir.
Source : André Lecler dictionnaire de la Creuse, Claude Royère