Cette croix sommitale en fonte ajourée est typique des chapelles rurales et des édifices de dévotion locale. Ses bras horizontaux et verticaux se terminent par des extrémités trilobées, motif décoratif évoquant symboliquement la Trinité. Le noyau central ajouré, est composé de volutes et d’entrelacs moulés. Le fût inférieur, également ornementé, intègre un motif ajouré vertical assurant la transition entre la croix proprement dite et son système de fixation. La perception inhabituelle de la croix, observée ici par l’arrière, est liée à l’orientation du bâtiment par rapport au point d’observation. La croix est installée dans le sens liturgique correct, seule sa face non décorée principale étant visible depuis ce point de vue. Son implantation sur le pignon, et non sur un clocher, confirme le caractère modeste de l’édifice. Le petit dôme abritant la statue de la Vierge est surmonté d’un ornement sommital de forme élancée. Ce motif, évoquant une flamme stylisée ou un bouton floral fermé. Sur le plan symbolique, cette forme peut être interprétée comme une représentation de la flamme spirituelle. Elle peut également être rapprochée du registre marial du lys, symbole traditionnel de pureté et de l’Immaculée Conception, fréquemment associé à la Vierge dans l’iconographie chrétienne. Ce type d’ornement est caractéristique des édicules religieux et des petites chapelles rurales édifiées ou remaniées à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, période marquée par un renouveau des pratiques dévotionnelles et par l’essor des chapelles de pèlerinage et de dévotion locale. La présence de la Vierge sous le petit clocheton constitue l’élément symbolique le plus significatif. La statue est placée dans une niche ouverte, surmontée d’un clocheton-campanile de faible dimension. Il s’agit clairement d’un édifice dédié à la Vierge, ce qui confirme pleinement son appellation. La figure mariale apparaît ici comme protectrice du lieu, visible depuis l’extérieur, associée à une fonction votive et probablement funéraire. Le petit clocheton à toiture conique, parfois qualifiée de bulbe simple, correspond à une typologie fréquemment rencontrée aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il accueillait très vraisemblablement une cloche de chapelle, utilisée lors des prières, des enterrements ou à l’occasion d’usages ponctuels tels que les processions et les dévotions locales. L’architecture générale repose sur une maçonnerie traditionnelle en pierre locale enduite, associée à une couverture en tuiles plates. L’édifice ne relève pas d’une construction néogothique « neuve » du XIXe siècle, mais correspond plutôt à un bâtiment plus ancien ayant fait l’objet d’adaptations et de reprises successives. La datation la plus probable peut ainsi être proposée : construction initiale au XVIIe siècle (voire à la fin du XVIe siècle), avec des remaniements aux XVIIIe et XIXe siècles. Cette hypothèse repose sur plusieurs arguments concordants : typologie mariale rurale, présence d’un clocheton modeste, installation d’une croix sommitale en fonte industrielle et existence attestée de sépultures. L’association chapelle et inhumations présente en effet une forte cohérence historique. La chapelle a servie de lieu de sépulture privilégié pour certaines familles ou à un usage antérieur à la normalisation stricte des cimetières paroissiaux. Ce schéma est caractéristique de nombreuses petites chapelles funéraires ou semi-funéraires du Limousin.
Propriété privée
Source : Sylvie et Richard Rimbert, Claude Royère