Cette croix en granit, est insérée au-dessus du linteau d’un cabanon dans le hameau du Boucherou. De facture simple, elle présente une forme de croix latine aux bras évasés. Selon la tradition locale, cette croix proviendrait de l’ancienne chapelle située au village voisin de La Chapelle. Le village de La Chapelle, aujourd’hui simple lieu-dit de la commune de Lépaud, correspond à l’emplacement d’une ancienne paroisse connue sous le nom de La Chapelle-sous-Lépaud. Dans les anciens pouillés du diocèse, l’église y est mentionnée sous les appellations La Chapelle-Saint-Martial-sous-Lespaud ou encore Saint-Laurent-sous-Lespaud. Cette église constituait autrefois le centre religieux d’une paroisse relativement importante. Sous l’Ancien Régime, celle-ci comptait environ 360 communiants, ce qui correspondrait à près de 480 habitants, chiffre notable pour une paroisse rurale de la région. Les sources historiques indiquent que l’édifice était de style roman, ce qui laisse supposer une fondation remontant probablement aux XIᵉ ou XIIᵉ siècles, période durant laquelle de nombreuses petites églises furent édifiées dans la Marche et le Limousin. Au XIXᵉ siècle, on signale encore la présence des ruines d’une église romane dans ce village, preuve que l’édifice était déjà abandonné et en grande partie détruit à cette époque. Le lieu semble également avoir été le berceau d’une famille seigneuriale locale attestée dès le Moyen Âge : vers 1180, un membre de la famille de La Chapelle est mentionné, vers 1300, apparaît Humbaud, seigneur de La Chapelle, en 1355, est cité Jean de La Chapelle. Plus tard, la seigneurie passa à la famille de Beaufranchet, à la suite du mariage d’Antoinette de La Chapelle avec Gilbert de Beaufranchet au XVIIIᵉ siècle. La paroisse de La Chapelle déclina progressivement à l’époque moderne. L’église, déjà ruinée au XIXᵉ siècle, finit par disparaître complètement, ne laissant subsister que le toponyme du village, dernier témoignage de l’existence de cet ancien sanctuaire.
Source : cglml.com, Patrice Mahaut, Claude Royère