Ce monument commémoratif se distingue par une composition sobre, dépourvue de toute symbolique religieuse. Érigé en granit, il est constitué d'un socle quadrangulaire portant un piédestal gravé, surmonté d'une colonne tronquée. L'ensemble est délimité par quatre bornes d'angle. La colonne brisée, ou colonne tronquée, est un symbole funéraire ancien. Elle représente une vie interrompue avant son terme, une existence brutalement fauchée. Très utilisée dans l'art funéraire à partir du XIXᵉ siècle, elle est devenue, après les deux guerres mondiales, un motif particulièrement évocateur pour honorer les victimes civiles et militaires. Contrairement à la croix, elle constitue un symbole laïque, permettant de rendre hommage aux disparus sans référence confessionnelle. L'inscription gravée sur le piédestal est dédiée à Gabriel Adrien, fusillé par les hordes nazies le 6 avril 1944, à l'âge de vingt-quatre ans. Elle rappelle son engagement comme agent de liaison de la Résistance de la première heure, soulignant le courage et le sacrifice d'un jeune résistant mort pour la France. Une plaque déposée au pied du monument, offerte par la section locale des anciens combattants (A.F.F.I.A.), renouvelle cet hommage en rappelant qu'il est tombé « pour la France ».
Source : Claude Royère