Le premier linteau présente une croix centrale encadrée par deux figures anthropomorphes. Cette composition tripartite est relativement rare dans le décor rural local. La croix, placée au centre, constitue l’axe symbolique de la composition. Les figures humaines qui l’accompagnent peuvent être interprétées de plusieurs manières : représentation schématique des donateurs ou des occupants de la maison, évocation stylisée de personnages bibliques, figures protectrices associées à la fonction apotropaïque du signe de croix. L’absence de millésime empêche toute datation précise. Toutefois, le caractère fruste ou stylisé des gravures pourrait indiquer une réalisation ancienne, possiblement antérieure au XIXᵉ siècle, sous réserve d’un examen stylistique plus approfondi. Le second linteau présente une croix à pied fiché surmontant le monogramme IHS, accompagnée du millésime 1991. Le monogramme IHS correspond à une abréviation du nom de Jésus (Iesus Hominum Salvator) et constitue un symbole christique largement diffusé dans l’art religieux, notamment à partir de la fin du Moyen Âge et sous l’influence des prédications franciscaines puis jésuites. La date tardive de 1991 suggère une intervention récente. Il peut s’agir : d’une restauration ou d’une réinterprétation d’un décor plus ancien.
Source : Frédérique Pageard, Jean-Pierre Verguet, Claude Royère